L’heure du repas peut parfois devenir un véritable défi pour les professionnels de la petite enfance. Face à un enfant qui refuse catégoriquement de goûter un aliment nouveau, il est légitime de se poser des questions. Ce comportement a un nom : la néophobie alimentaire. Un phénomène courant mais souvent mal compris, notamment en crèche, où la diversité alimentaire fait partie intégrante du projet éducatif.
Qu’est-ce que la néophobie ?
La néophobie alimentaire désigne le refus de manger des aliments inconnus ou perçus comme nouveaux. Elle se manifeste généralement chez les enfants entre 2 et 6 ans, une période clé du développement où l’enfant affirme sa personnalité et découvre le monde à son rythme. Ce comportement n’a rien d’anormal : il s’agit d’un mécanisme de protection hérité de nos ancêtres, destiné à éviter la consommation d’aliments potentiellement dangereux.
Comment la néophobie se manifeste-t-elle en crèche ?
En crèche, la néophobie peut prendre différentes formes :
Refus de goûter certains plats, notamment les légumes ou les textures inconnues.
Réactions vives (grimaces, pleurs, jets de nourriture).
Préférences très marquées pour certains aliments au détriment d’autres.
Les professionnels de la petite enfance peuvent se retrouver démunis face à ces comportements, surtout lorsqu’ils doivent gérer plusieurs enfants simultanément. Pourtant, la clé réside dans la patience et l’observation.
L'importance de l’environnement
Un environnement bienveillant, sécurisant et sans pression est essentiel pour accompagner l’enfant néophobe. En crèche, il est recommandé de :
Proposer régulièrement des aliments variés sans obligation de les manger.
Favoriser les repas en groupe pour encourager l’imitation entre enfants.
Mettre en place des rituels rassurants autour du repas.
Valoriser les efforts, même minimes (sentir, toucher, lécher…).
L’approche sensorielle peut également aider : manipuler des aliments en dehors des repas (ateliers cuisine, jeux tactiles) permet de lever peu à peu les freins.
