Le baromètre 2025 de la santé visuelle tire la sonnette d’alarme. 27 % des parents n’ont jamais fait réaliser de dépistage visuel pour leurs enfants. OpinionWay a réalisé ce baromètre pour l’AsnaV (association nationale pour l’amélioration de la vue) auprès de 616 parents d’enfants de moins de 18 ans, du 12 au 21 février 2025. Ce résultat est inquiétant. L’AsnaV appelle donc à une mobilisation urgente.
Le suivi médical en chute libre
Car, selon l’étude, 16 % des parents d’enfants de 0 à 12 ans ne consultent pas d’ophtalmologiste malgré un dépistage positif. Ce taux a explosé de +8 points par rapport au dernier baromètre. De nombreux enfants dépistés ne sont donc pas soignés.
Sur le terrain, des chiffres alarmants
Et les campagnes de dépistage à l’école le confirment. 46 % des enfants testés au premier semestre 2025 présentaient une acuité visuelle insuffisante. Dans certaines classes, ce taux grimpe à 75 %.
Pourquoi les parents ne voient rien venir ?
Mais pourquoi les parents ne voient-ils rien venir ? Un piège simple : l’enfant ne se plaint pas.
Véronique Morin, responsable pédagogique et scientifique de l’AsnaV, l’explique clairement dans un communiqué de presse en septembre dernier. « Les parents peuvent ne pas se douter de la situation car un enfant ne se plaindra jamais de troubles de la vision, souvent parce qu’il n’en a pas conscience. » Un enfant ne se rend pas compte qu’il voit mal. Il n’a jamais connu autre chose.
Les chiffres le prouvent : 25 % des parents pensent que leur enfant n’a pas de troubles visuels parce qu’il ne s’est jamais plaint. Résultat : les troubles passent inaperçus. Ils s’installent. Et ils menacent la réussite scolaire.
Les signes d’alerte à ne pas manquer
Aussi, face à ce constat, l’AsnaV appelle les enseignants à la vigilance. Plusieurs signaux doivent alerter dès la rentrée, comme la baisse de concentration, une fatigue inhabituelle, la difficulté à lire, un problème pour écrire sur les lignes ou encore la difficulté à suivre le tableau.
La vision, clé de la réussite scolaire
A noter : la vision évolue pendant toute la croissance. Certains défauts apparaissent progressivement. Non corrigés, ils peuvent freiner le développement de l’enfant. Ils s’accentuent avec le temps. Ils augmentent les risques de pathologies.
De plus, l’apprentissage de la lecture dépend directement d’une bonne vision. Aussi, un enfant qui voit mal décroche plus facilement. Il faut donc être vigilant. D’autant plus qu’après 6 ans, toute carence de développement devient un handicap définitif.
Pourtant, le dépistage précoce reste marginal. En 2024, seuls 2 % des 9-15 mois ont été dépistés. Pour les 2,5-5 ans : 0,6 %.
Qui peut dépister ?
Aussi, parents, n’hésitez pas à faire dépister votre enfant. La première rentrée scolaire peut être le moment idéal pour faire un dépistage visuel de votre petit. L’ophtalmologiste reste l’acteur central. Mais depuis juin 2023, les orthoptistes peuvent aussi dépister sans ordonnance.
Les médecins généralistes, les pédiatres et les acteurs de PMI peuvent contribuer. Le carnet de santé prévoit des examens à dates précises.
