Quand peut-on emmener bébé au cinéma la première fois ?

Le premier ciné de bébé

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Aujourd’hui, c’est mercredi. Et qui dit mercredi, dit les sorties de films ! Quand peut-on emmener pour la première fois son enfant au cinéma ? Une question que l’on peut se poser. Entre légalité et préconisations, on vous donne quelques conseils, façon scénario de court-métrage. « Lumières, caméra… bébé, action ! »

Il était une fois une jeune maman prénommée Léa et son compagnon Tom. Leur fille Inès venait de souffler ses trois bougies, et depuis quelques semaines, une idée trottait dans la tête de Léa comme un générique de film qu’on ne peut plus chasser : « et si on emmenait Inès au cinéma ?« 

Ce soir-là, après avoir bordé la petite, Léa ouvrit son ordinateur et commença à chercher. Ce qu’elle découvrit la surprit.

Acte I — La révélation

Tom s’installa à côté d’elle, une tasse de thé à la main.

— Tu savais, toi, qu’il n’existe aucune loi qui interdit à un bébé d’entrer dans un cinéma ?

— Vraiment ? Alors on aurait pu emmener Inès quand elle avait six mois ?

— Légalement… oui. Mais les médecins, eux, sont unanimes : avant 3 ans, c’est non. Les tympans des tout-petits sont bien trop fragiles. Le volume de salle de cinéma peut causer des dommages irréversibles à leur audition.

Tom posa sa tasse.

— Et le reste ? L’écran géant, le noir, tout ça…

— L’OMS (organisation mondiale de la santé, ndlr) et les pédiatres sont formels : avant 3 ans, ce dont un enfant a besoin, ce ne sont pas des images qui défilent à toute vitesse. C’est du contact humain, du langage, des jeux.

Tom siffla doucement. Inès avait 3 ans. Ils étaient juste à la ligne de départ.

Acte II — Les doutes du héros

Mais avoir l’âge légal ne suffit pas, Léa le savait. Elle avait observé sa fille. Inès était vive, curieuse, et surtout… incapable de rester en place plus de vingt minutes.

— Comment on sait si elle est vraiment prête ?

La réponse était simple, presque évidente : tester à la maison d’abord. Mettre un dessin animé, s’asseoir, observer. Si Inès pouvait regarder l’histoire jusqu’au bout sans décrocher, sans réclamer de courir dans le couloir, alors la salle obscure l’attendait.

Le lendemain soir, ils tentèrent l’expérience. Quarante minutes de dessins animés. Inès, immobile, les yeux grands ouverts.

Tom regarda Léa. Léa regarda Tom.

— Elle est prête.

Acte III — Le grand choix

Restait la question la plus délicate : quel film ?

Là, Léa écarta d’emblée les grandes fresques de deux heures, les aventures en 3D bourrées d’effets spéciaux — déconseillées aux moins de 6 ans, trop fatigantes pour les yeux —, et les films dont elle ne connaissait ni le rythme ni le ton.

Sa trouvaille ? Un programme de courts métrages. De petits films animés, enchaînés les uns après les autres, chacun durant entre cinq et vingt minutes. Pas de grande intrigue à suivre, pas de tension dramatique insupportable. Juste des histoires légères, colorées, à hauteur d’enfant.

Durée totale : moins d’une heure. Parfait.

Et cerise sur le gâteau : la séance était labellisée « Séance tout-petits » — son atténué, lumière légèrement tamisée, salle à moitié vide. Des cinémas proposent ces formats conçus exprès pour les premières fois.

Acte IV — Le jour J

Ce samedi matin-là, Léa glissa dans son sac deux petits bouchons d’oreille — au cas où — et choisit une séance à dix heures, quand la salle est encore calme et que les enfants sont frais.

Dans le hall, Inès s’arrêta net devant le grand panneau lumineux. Ses yeux faisaient le tour de la salle comme si elle découvrait une autre planète.

Ils s’installèrent près de l’allée, côté gauche — pour pouvoir sortir discrètement si la petite craquait. Pas trop près de l’écran, pas trop loin. Et passage aux toilettes obligatoire avant d’entrer, bien sûr.

Puis les lumières s’éteignirent.

Inès se figea une fraction de seconde. Léa sentit la petite main chercher la sienne dans le noir.

Et puis… la magie opéra.

Épilogue — La sortie

Une heure plus tard, dans la lumière du hall retrouvé, Inès avait les joues roses et les yeux encore brillants.

— C’était bien ? demanda Tom en s’accroupissant à sa hauteur.

La petite réfléchit très sérieusement, comme seuls les enfants de 3 ans savent le faire.

— Le monstre vert, il m’a fait peur.

— Ah bon ? Et après ?

— Après il était gentil. Alors c’était bien.

Léa rit. Et nota mentalement de toujours discuter avec Inès après chaque film — de ce qui lui avait fait peur, de ce qui lui avait plu — pour, un jour, l’inclure dans le choix des films à voir.

Parce que le cinéma, finalement, ce n’est pas seulement un écran géant et du son. C’est une conversation qui commence dans le noir, et qui continue longtemps après, dans la lumière.

Et ils vécurent heureux, et virent beaucoup de films.

À retenir pour les parents : pas de cinéma avant 3 ans (recommandation médicale unanime), des courts métrages entre 3 et 5 ans dans des séances adaptées, pas de 3D avant 6 ans, et toujours une durée progressive selon l’âge de l’enfant. Chaque enfant est différent — la meilleure boussole, c’est vous.

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