Vous avez entendu parler du trouble de l’oralité, mais vous ne savez pas ce que c’est ? On tente de vous expliquer.
Un trouble de l’oralité, c’est une difficulté en lien avec la prise alimentaire, à n’importe quel âge de la vie. On parle aussi de « dysoralité » ou de « TOA » (Trouble de l’Oralité Alimentaire). Ce dernier peut se traduire par une absence de comportement spontané d’alimentation, ou par un refus d’alimentation. Pour ces enfants, manger n’est pas — ou plus — un plaisir.
Le trouble de l’oralité peut être d’ordre « mécanique », quand il concerne la qualité de la mastication ou de la déglutition. Mais il peut également être en lien avec la sensorialité. Dans ce cas, c’est la gestion des informations sensorielles qui est compliquée pour l’enfant : le goût, l’odeur, les textures, les couleurs.
Quels sont les signes ?
Les signes du trouble de l’oralité peuvent apparaître très tôt ou plus tard, lors de l’introduction des morceaux.
Comment reconnaître ces signes ? Un enfant qui ne porte pas spontanément les objets à la bouche pour les explorer. Un bébé qui ne touche pas les aliments avec ses mains. Un petit qui ne prend aucun plaisir à passer à table et à goûter. Ou qui refuse catégoriquement les morceaux ou au contraire qui ne supporte pas la texture des purées par exemple…
Les bébés atteints de TOA peuvent se retrouver dans l’incapacité à téter le sein ou le biberon. S’ils entrent déjà dans le stade de diversification alimentaire, ils peuvent avoir tendance à stocker la nourriture dans la bouche sans l’avaler. On observe aussi un manque d’appétit flagrant, une absence de plaisir et des problèmes comportementaux lors de l’alimentation.
Certains enfants refusent de goûter tout aliment nouveau et peuvent exprimer une peur de manger proche de la phobie. D’autres peuvent également éprouver des haut-le-cœur fréquents, qui sont des signes évocateurs de dysoralité sensorielle.
Quelles sont les causes ?
Ces troubles peuvent avoir des causes organiques, neurologiques, environnementales, post-traumatiques, psycho-comportementales et sensorielles. Les spécialistes en distinguent quatre grandes catégories :
1. Les causes organiques et neurologiques. Toute atteinte neurologique, neuromusculaire ou anatomique empêchant d’avoir un bon tonus et une bonne force motrice peut nuire à la construction du comportement alimentaire.
2. Les causes liées à un traumatisme oral. Si l’enfant a subi une intervention chirurgicale précoce, qu’il a été intubé ou qu’il a souffert de vomissements répétés sur une longue période, l’acte de manger peut être assimilé à une agression de la sphère orale. L’enfant a dès lors perdu le plaisir de manger.
3. La prématurité. Les bébés nés avant terme sont plus susceptibles de rencontrer des problèmes de succion et de déglutition en raison du sous-développement de leurs systèmes oraux et sensoriels. La coordination de la succion, de la respiration et de la déglutition peut être difficile chez les prématurés et avoir des répercussions à long terme.
4. Les causes psycho-affectives. L’importance de la bonne mise en place des liens d’attachement ainsi que de l’acquisition de l’autonomie joue un rôle clé. Des troubles du lien précoce, consécutifs par exemple à une dépression post-partum ou à des attitudes parentales inadaptées, peuvent perturber le comportement alimentaire.
Quelles sont les conséquences sur la vie de l’enfant ?
Les répercussions du trouble de l’oralité vont bien au-delà du simple repas. Par exemple ?
1 – Sur la croissance et la santé : il peut avoir un impact significatif sur la nutrition. Cela se traduit souvent par des problèmes de croissance, un faible gain de poids ou même un retard de croissance.
2 – Sur le développement global : On note régulièrement des répercussions sur le développement psychomoteur, langagier et psycho-affectif.
3 – Sur la vie familiale : Cela se traduit par des repas longs qui sont vécus comme des moments pénibles et difficiles, car les sensations perçues sont négatives et parfois même irritatives.
4 – Sur le langage : Le développement de l’oralité alimentaire est indissociable du développement de l’oralité verbale. Un trouble de l’oralité peut donc avoir un impact sur l’acquisition du langage.
A noter : le trouble de l’oralité est souvent lié à d’autres troubles comme le trouble du spectre autistique, des troubles sensoriels, ORL ou encore des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité.
Quels sont les moyens thérapeutiques ?
Des solutions thérapeutiques peuvent être mises en place pour aider l’enfant.
L’orthophonie est au cœur de la prise en charge. Une rééducation est possible dès la maternité, si besoin. Elle consistera principalement à stimuler et développer la succion, la sphère oro-faciale par le biais de massages, à proposer une approche corporelle globale.
Une approche pluridisciplinaire est souvent nécessaire. Une consultation bilan peut être animée par un gastro-pédiatre et une psychologue. Une prise en charge associant orthophoniste et psychomotricienne peut être proposée en partenariat avec les parents.
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