Et si on parlait des oreilles de vos enfants ? Le 3 mars 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) célèbre la Journée mondiale de l’audition. Cette année, les enfants sont au cœur des préoccupations.
Chaque année, en mars, l’OMS organise une journée de sensibilisation à la santé auditive. Des tests gratuits, des conférences, des campagnes d’information… sont organisés dans le monde entier. L’objectif ? Encourager la prévention et sensibiliser aux risques de la perte auditive.
Après différents thèmes, comme les dangers du bruit, la perte auditive chez les adultes, l’écoute responsable chez les jeunes, cette année, le focus est mis sur la santé auditive des enfants.
« De la communauté à l’école : des soins auditifs pour chaque enfant »
Le thème 2026 : « De la communauté à l’école : des soins pour chaque enfant ». C’est le message officiel pour l’édition 2026. L’idée transmise : les enfants doivent pouvoir bénéficier de soins auditifs adaptés.
L’OMS appelle les gouvernements, les enseignants, les professionnels de santé et les familles à travailler ensemble. Le dépistage précoce doit devenir un réflexe, partout dans le monde.
Des chiffres qui font réfléchir
Car les données sont préoccupantes. À l’échelle mondiale, près de 90 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans vivent avec une perte auditive, selon l’étude Global Burden of Disease, publiée en 2021. La plupart n’ont reçu ni diagnostic ni traitement.
L’OMS estime que 60 % de ces pertes auditives pourraient être évitées grâce à des mesures simples : vaccination, dépistage à la naissance, traitement des otites, protection contre le bruit.
Les causes les plus fréquentes chez l’enfant sont bien connues. Il s’agit des otites (notamment l’otite moyenne avec épanchement), des bouchons de cérumen et des otites chroniques. Ce sont des pathologies courantes, souvent bénignes, mais parfois sous-estimées.
En France : un dépistage à la naissance
La France a mis en place un programme solide pour prévenir les problèmes auditifs des enfants. Depuis l’arrêté du 23 avril 2012, le dépistage de la surdité à la naissance est obligatoire dans toutes les maternités françaises. Concrètement, la maternité propose un test dans les 48 heures suivant la naissance, avant la sortie de la maternité.
Ce dernier est rapide, indolore et gratuit. Il consiste à placer une petite sonde dans l’oreille du nourrisson pour détecter si elle produit un écho en réponse à une stimulation sonore. Les résultats sont immédiats.
En France, environ 1 bébé sur 1 000 naît avec un trouble de l’audition. Avant l’instauration de ce dépistage systématique, le diagnostic n’était souvent posé qu’à 18 mois. Aujourd’hui, grâce au programme national, un diagnostic peut être établi dès l’âge de 3,5 mois en moyenne.
Ce dépistage néonatal est essentiel. Mais il ne suffit pas. Certaines surdités apparaissent après la naissance, à la suite d’une méningite, d’otites répétées, d’une exposition au bruit ou d’autres maladies. Il est donc important de rester vigilant tout au long de l’enfance.
Les otites : un problème sérieux
En effet, par exemple, les otites sont extrêmement fréquentes chez les enfants. L’otite séreuse (ou séromuqueuse) est la forme la plus courante de perte auditive chez l’enfant. Elle touche près de 20 % des moins de 2 ans. Son mécanisme : un liquide s’accumule derrière le tympan. Aucune douleur, souvent. L’enfant n’en dit rien. C’est là que réside le danger.
Selon le site Ameli.fr (Assurance maladie), la baisse d’audition est souvent le premier, et parfois le seul, symptôme de l’otite séreuse. Chez les tout-petits, elle se traduit par un retard dans l’acquisition des premiers mots, des troubles articulatoires (mots mal prononcés) ou une stagnation du langage.
Une otite unique et bien traitée ne pose généralement pas de problème durable. En revanche, des otites à répétition non prises en charge peuvent entraîner des difficultés persistantes.
Surdité et apprentissages
Malheureusement, l’impact d’une surdité non prise en charge sur la scolarité peut être lourd.
En effet, selon le site Tous à l’école, 41 % des enfants sourds de 6 à 11 ans savent lire, écrire et compter sans difficulté, contre 81 % dans la population générale. À l’âge adulte, seulement 10 % des personnes sourdes accèdent à un enseignement post-baccalauréat, contre 29 % dans la population générale.
À cela s’ajoutent des conséquences sur le comportement. Une surdité non traitée peut provoquer de l’isolement, de l’agressivité, un manque d’attention. Des signes que les parents et les enseignants attribuent parfois à tort à d’autres causes.
Les signes qui doivent alerter
Voici les signaux d’alerte à surveiller chez votre enfant, selon l’Assurance maladie (Ameli) :
Avant 1 an : bébé ne réagit pas aux bruits, ne babille pas, ne sursaute pas aux sons forts.
Entre 1 et 2 ans : l’enfant ne dit aucun mot, communique surtout par gestes, ne réagit pas quand on l’appelle.
À l’âge préscolaire : il parle peu ou de façon incompréhensible, est distrait, isolé ou au contraire agité.
À l’âge scolaire : retard scolaire, difficultés en lecture, orthographe, compréhension orale.
En cas de doute, consultez votre pédiatre ou médecin généraliste. Un bilan chez un ORL peut être demandé.
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