A l’heure où l’intelligence artificielle s’impose désormais dans notre vie quotidienne, qu’on le veuille ou non, comment l’utiliser à bon escient et en toute connaissance de cause en tant que parents ?

L’intelligence artificielle, nouveau membre de la famille ?

C’est indéniable : l’intelligence artificielle générative est entrée dans les foyers à une vitesse remarquable. En quelques années, des outils comme ChatGPT, Gemini, Claude ou encore Mistral (la seule IA française) sont devenus accessibles à des millions de familles. Les parents les utilisent comme assistant de la vie quotidienne, pour chercher des informations, accompagner les devoirs ou encore répondre aux questions de leurs enfants.

Certains adolescents s’en servent quotidiennement pour apprendre, réviser ou rédiger leurs devoirs (voire demander à l’IA de faire leurs devoirs…). L’IA entre également dans les apprentissages. Certains établissements proposent des modules découvertes pour aider les jeunes à  comprendre l’intelligence artificielle, savoir l’utiliser et la maîtriser et prompter correctement et en toute sécurité.

Une adoption rapide mais encore expérimentale

Selon l’étude Families Learning with Generative AI menée par l’Université du Wisconsin, aux Etats-Unis, en 2025, les parents et enfants utilisent ces outils de l’intelligence artificielle pour des tâches très diverses : explications scolaires, organisation familiale, recherche d’idées créatives, aide à l’écriture ou simple curiosité.

Les chercheurs constatent que les familles développent progressivement des stratégies d’encadrement. Les parents ne considèrent généralement pas l’IA comme une source d’information totalement fiable, mais plutôt comme un point de départ nécessitant une vérification. L’étude souligne également que les discussions familiales autour des réponses produites par l’IA peuvent devenir des occasions d’apprentissage et de développement de l’esprit critique.

Les auteurs parlent d’une phase d’appropriation comparable à celle observée lors de l’arrivée d’Internet dans les foyers : les usages se construisent avant même que les règles éducatives ne soient clairement établies.

L’IA comme soutien aux devoirs : un potentiel réel

Au sein des familles, il semble qu’un des usages prioritaires reste les apprentissages et notamment l’aide aux devoirs. Une étude internationale publiée en 2026 dans la revue Computers & Education, intitulée « Parents’ Intention to Use Generative AI for Children’s Learning », s’est intéressée à l’attitude des parents face à l’utilisation de l’IA pour soutenir les apprentissages scolaires.

De nombreux parents semblent percevoir l’IA comme un outil capable d’offrir des explications personnalisées, de reformuler des notions complexes et de répondre rapidement aux questions des enfants. Cette perception est particulièrement forte lorsque les parents se sentent eux-mêmes peu à l’aise avec certains contenus scolaires.

Toutefois, les parents considèrent davantage l’IA comme un complément à leur accompagnement que comme un remplacement. Les familles interrogées valorisent la possibilité d’obtenir des explications adaptées au niveau de l’enfant tout en conservant leur propre rôle de médiation.

Cependant, dans cette étude américaine, les chercheurs rappellent que l’efficacité pédagogique dépend largement de la capacité des enfants et des parents à questionner les réponses produites et à croiser les sources d’information.

Et la question de la confiance, on en parle ?

Car en effet, il faut rester prudent avec l’IA : toujours vérifier et croiser ses sources. Si l’intelligence artificielle peut aider à accéder à l’information, reste qu’elle peut aussi avoir des biais, inventer quand elle ne sait pas, ce qui peut donner des réponses parfois loufoques ou improbables.

De même, il faut garder une vigilance accrue quant à la confidentialité des données et la transparence des systèmes. L’IA n’est pas une autorité éducative ou médicale. La prudence reste de mise.

Des inquiétudes autour des compagnons IA et des jouets conversationnels

Et ce sujet touche aussi les plus jeunes, notamment avec les jouets conversationnels. Les principales préoccupations autour de ces jouets portent sur la protection des données, l’influence émotionnelle de ces systèmes et le risque que certains enfants développent une relation de confiance excessive avec des agents artificiels…

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