Jeux d’imitation : Pourquoi votre enfant joue à « faire comme vous »

Sommaire

Un jour, votre enfant attrape une cuillère et fait mine de nourrir son doudou. Le lendemain, il « téléphone » avec un objet quelconque, ou reproduit exactement votre geste quand vous dites au revoir de la main. Ces scènes, attendrissantes et souvent drôles, ne sont pas de simples amusements. Elles sont l’une des activités les plus importantes du développement de la petite enfance.

Pourquoi l’enfant imite-t-il ?

L’imitation commence plus tôt qu’on ne l’imagine. Dès la naissance, les bébés manifestent des capacités d’imitation : ils peuvent tirer la langue ou ouvrir la bouche après avoir vu un adulte face à eux faire le même geste. Cette capacité s’appuie sur l’activité des neurones miroirs du cerveau.

Puis, petit à petit, l’enfant reproduit spontanément un geste qu’il vient d’observer, comme faire « coucou » ou taper des mains pour applaudir. On parle alors d’imitation directe.

Vers 18-24 mois, nouvelle étape : l’enfant devient capable d’imiter un modèle en son absence, en réactivant des images mentales. Il s’agit de l’imitation différée. Ainsi, quand votre tout-petit fait semblant de manger ou de dormir, il ne reproduit pas un geste par hasard : il évoque quelque chose d’absent, et mobilise une pensée symbolique naissante.

L’importance des jeux d’imitation

Les jeux d’imitation, aussi appelés jeux symboliques, ne servent pas seulement à s’amuser : ils remplissent plusieurs fonctions essentielles dans la construction de l’enfant.

Sur le plan cognitif

Sur le plan cognitif, ils permettent à l’enfant de comprendre et de s’approprier le monde qui l’entoure. En reproduisant les gestes du quotidien — cuisiner, bricoler, soigner une poupée, faire les courses — il observe, assimile et rejoue à sa façon ce qu’il a vu, ce qui consolide sa mémoire et sa compréhension des situations.

Ces jeux nourrissent aussi son imagination : en inventant des scénarios inspirés ou non de son vécu, l’enfant construit des histoires de plus en plus complexes à mesure qu’il grandit.

Sur le plan du langage

Sur le plan du langage, l’imitation différée joue un rôle moteur : c’est en imitant les mots et les intonations entendues que l’enfant enrichit son vocabulaire et sa manière de s’exprimer.

Sur le plan social

Enfin, ces jeux ont une dimension sociale et émotionnelle : en jouant à la poupée ou en mettant en scène des interactions entre personnages, l’enfant apprend à se décentrer, à considérer un autre point de vue que le sien, et à rejouer, dans un cadre sécurisant, des situations parfois chargées en émotions. Il se sociabilise également en jouant à plusieurs à « faire semblant ».

D’autres articles ici.

Retour en haut