Dans de nombreuses cultures, porter son bébé fait partie du quotidien depuis toujours. En France, cette pratique connaît un regain d’intérêt chez les jeunes parents, notamment grâce aux écharpes de portage et porte-bébés physiologiques. Mais au-delà de l’aspect pratique, le portage répond surtout à des besoins fondamentaux du nourrisson.
Une continuité sensorielle
À la naissance, le bébé découvre un monde très différent de la vie intra-utérine. Il passe d’un environnement chaud, contenu et rythmé par les battements du cœur de sa mère à un univers bruyant, lumineux et mouvant. Le portage permet de recréer une partie de cette continuité sensorielle. Le contact du corps, la chaleur, les mouvements et la voix du parent procurent au nourrisson un sentiment de sécurité particulièrement important durant les premiers mois.
Un besoin de proximité physique
Le “besoin de proximité physique” du bébé n’est pas un caprice mais une nécessité liée à son développement affectif et neurologique. Un nourrisson n’a pas encore la capacité de “manipuler” ses parents. Ses pleurs sont avant tout un moyen d’exprimer un besoin : faim, inconfort, fatigue, besoin de contact ou besoin d’être rassuré.
Porter bébé engendre de nombreux bénéfices
Le portage favorise ainsi le lien d’attachement entre le parent et l’enfant. Les interactions rapprochées, les regards, les paroles et le contact peau à peau contribuent à rassurer le nourrisson et à renforcer la relation parent-bébé.
Les bénéfices observés concernent aussi l’apaisement du bébé. Les nourrissons portés pleurent souvent moins et s’endorment plus facilement. Le bercement naturel lié aux déplacements du parent, associé à la proximité physique, aide certains enfants à mieux réguler leur sommeil et leurs émotions.
Le portage peut également avoir des effets positifs sur le confort digestif. En position verticale ou semi-verticale, le bébé digère plus facilement, ce qui peut limiter les reflux et apaiser certaines coliques. Cette position facilite aussi les rots après les repas.
Du côté du développement moteur et sensoriel, les variations d’équilibre, les changements de position et la stimulation vestibulaire participeraient à la construction du schéma corporel et à l’acquisition progressive de l’équilibre. Le bébé observe également le monde à hauteur d’adulte, ce qui stimule sa curiosité et son éveil.
Le portage… et des mains libres
Pour les parents, le portage présente aussi un intérêt très concret : il permet de garder les mains libres tout en répondant au besoin de proximité du nourrisson. Beaucoup de familles y voient une aide précieuse au quotidien, notamment lors des déplacements, pour calmer un bébé agité ou pour gérer les tâches de la maison avec un autre enfant.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut porter son bébé en permanence ni s’épuiser au point d’ignorer ses propres limites. Un parent a le droit d’avoir besoin de souffler, de poser son enfant quelques minutes en sécurité ou de demander de l’aide. Le portage doit rester confortable pour le bébé comme pour l’adulte.
La sécurité avant tout
Porter un bébé nécessite aussi certaines précautions. La sécurité doit rester la priorité absolue. Les voies respiratoires doivent toujours être dégagées, le visage visible et le menton décollé de la poitrine. Le bébé doit être suffisamment haut pour que le parent puisse facilement embrasser sa tête. Son dos doit être bien soutenu et ses jambes repliées dans une position dite “physiologique”, avec les genoux plus hauts que les hanches.
À noter : Le besoin d’être porté diminue généralement à mesure que l’enfant grandit et gagne en autonomie motrice, même si beaucoup d’enfants continuent de rechercher ce contact lorsqu’ils sont fatigués, malades ou en quête de réconfort.
D’autres articles à lire ici.