Série « Les grands noms de l’éducation » : Emmi Pikler

Nous vous proposons de découvrir les grands noms de l’éducation (pédagogues, médecins…) à travers une série de mini-portraits.

Cette semaine : Emmi Pikler.

Ses débuts en hôpital et un constat

Emmi Pikler est une pédiatre hongroise née en janvier 1902, au sein d’une famille juive. Elle est décédée en juin 1984 à l’âge de 82 ans.

Lucia Vichi, ou « Emmi Pikler », fait ses études à Vienne où elle se spécialise en pédiatrie. Lors de son stage dans un hôpital en chirurgie, elle constate que les enfants issus des quartiers plus riches ont tendance à avoir plus d’accidents que les enfants issus de quartiers populaires, car ils sont souvent plus protégés et possèdent une contrainte de liberté de mouvements. À partir de cette observation, elle émet une hypothèse : un enfant qui peut bouger comme il veut et sans contrainte a la possibilité de découvrir ses compétences motrices, la ou les position(s) adapté(es) la ou les plus adéquate(s), la façon de se déplacer sans perdre l’équilibre…

L’intervention des parents dans la maladresse des petits

Ainsi, pour elle, la maladresse des jeunes enfants est attribuée à l’intervention des parents dans leur développement moteur. Par exemple, les parents imposent parfois, sans le vouloir, des positions à leur tout-petits qui ne sont pas naturelles ou adaptées à ce dernier. Plus tard, cette hypothèse sera vérifiée par le biais de ses recherches. À  la fin de ses études, elle devient pédiatre et encourage les parents à multiplier les activités et initiatives personnelles de l’enfant.

Le bien-être de l’enfant et sa liberté de mouvement

En 1947, on lui propose d’ouvrir une pouponnière à Budapest, ce qu’elle accepte malgré les risques à cette époque. Au départ, elle accueille de très jeunes enfants sortant de maternité et souvent orphelins. Puis elle est autorisée à garder des enfants âgés de moins de 7 ans lorsqu’aucune solution n’a été trouvée lors des placements en famille d’accueil ainsi que des enfants avec des handicaps sévères.

Dès la création du lieu, Pikler impose plusieurs principes qui doivent être respectés en continu : le bien-être de l’enfant et sa liberté. Lorsque ceux-ci ne peuvent être respectés, elle recherche et met en place des solutions dans tous les domaines afin d’assurer ces principes. Ainsi elle crée plusieurs éléments favorables à la motricité spontanée de l’enfant comme le triangle dit « Pikler ». C’est une structure d’escalade en bois qui permet de développer la motricité libre, l’équilibre et la coordination de l’enfant. Cette pouponnière ferme ses portes en 2011.

Des compétences existantes dès la naissance

Dans ses recherches, elle considère le nourrisson comme une personne ayant des compétences et des initiatives dès la naissance. Le développement de ses compétences se fait à condition que les parents mettent en place une relation de qualité avec leur enfant. De plus, elle voit le nourrisson comme un acteur de son développement et admet que chaque enfant progresse à son rythme.

Cela ne veut pas dire que les parents n’ont plus de rôle à jouer dans son évolution. Au contraire, ils sont indispensables de par la relation affective avec l’enfant, du soin apporté, de l’environnement adapté qu’ils proposent, et de la sécurité de l’enfant qui reste une responsabilité primordiale de ces derniers.

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