L’intelligence artificielle générative s’est imposée dans les établissements scolaires en un temps record. Les enseignants n’ont pas d’autre choix, si ce n’est d’expliquer et aider à utiliser l’IA, d’adapter leurs cours et pédagogies avec les nouveaux outils numériques.

Car, en quelques mois, enseignants, élèves et responsables éducatifs ont dû apprendre à composer avec des outils capables de rédiger des textes, résoudre des problèmes, générer des images ou expliquer des notions complexes.

Face à cette transformation rapide, comment utiliser l’IA au service des apprentissages sans fragiliser les compétences fondamentales des élèves ?

Une technologie déjà largement présente dans les classes

Une part importante des enseignants et des élèves utilise déjà l’IA générative de manière régulière. Selon une étude sur les usages des enseignants de l’IA, les usages les plus fréquents concernent la préparation de cours, la différenciation pédagogique, la création d’exercices et l’aide à la rédaction de documents professionnels.

Pour les professeurs, le gain de temps est important. Beaucoup utilisent également l’IA pour produire des supports adaptés à différents niveaux scolaires. Et certains testent même des IA dans la correction des devoirs ou évaluations.

L’IA comme outil de personnalisation des apprentissages

Alors comment utiliser l’intelligence artificielle de façon pertinente dans les apprentissages ? En personnalisant ces derniers.

Pourquoi ? Les systèmes d’IA peuvent reformuler une explication, proposer des exercices supplémentaires ou ajuster le niveau de difficulté d’une activité. Cette capacité intéresse particulièrement les chercheurs travaillant sur l’inclusion scolaire et la différenciation pédagogique.

Le rapport Digital Education Outlook 2026 de l’OCDE souligne que l’IA pourrait contribuer à rendre certains apprentissages plus accessibles à condition qu’elle soit intégrée dans des dispositifs pédagogiques cohérents et pilotés par les enseignants. Car la technologie doit soutenir l’expertise professionnelle, non s’y substituer.

Le risque d’une dépendance cognitive

Les chercheurs identifient également plusieurs risques face à l’utilisation de l’intelligence artificielle. L’un des plus étudiés concerne ce que certains appellent la « dépendance cognitive ». Lorsque l’élève s’appuie systématiquement sur l’IA pour produire une réponse, il peut avoir l’impression de maîtriser un sujet sans avoir réellement construit les connaissances correspondantes.

Il y a donc un risque de diminution de certaines activités intellectuelles essentielles comme la recherche autonome, la mémorisation, le raisonnement critique ou la rédaction personnelle. Une des priorités sera alors l’apprentissage explicite de l’usage critique des outils de l’intelligence artificielle.

Une transformation des pratiques d’évaluation

L’arrivée de l’IA oblige également les établissements à repenser certaines modalités d’évaluation.

En effet, quel élève ne serait pas tenté de faire faire son devoir par une intelligence artificielle et gagner ainsi du temps ? Ce sont les devoirs réalisés à domicile qui sont particulièrement concernés. Lorsqu’un élève peut obtenir instantanément un texte structuré ou la résolution complète d’un exercice, les enseignants doivent distinguer davantage la production finale du processus d’apprentissage.

Ils doivent donc adapter les évaluations pour savoir si leurs élèves acquièrent les connaissances et assimilent les savoirs. Ainsi, il existe des pistes comme les évaluations orales, les travaux collaboratifs, les productions réalisées en classe et les démarches de réflexion explicites. L’objectif n’est plus seulement d’évaluer un résultat, mais aussi de comprendre comment l’élève est parvenu à ce résultat.

De ce fait, la formation des enseignants est aussi importante. Ils conservent un rôle irremplaçable dans l’accompagnement des élèves, l’évaluation des apprentissages, la construction du sens et le développement des compétences sociales. L’IA peut générer une réponse. Elle ne peut pas remplacer la relation éducative.

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